27/05 Retour à la casa départ…

By patataq
La montée vers le col Punta Union, dans la Cordillera blanca...

La montée vers le col Punta Union, dans la Cordillera blanca...

Je contemple les sommets enneigés des Andes depuis le dernier hublot de  mon Airbus A340-300 à destination de Madrid. J’ai décollé de Lima à 10h30. J’arriverai à Bruxelles demain à 14h40 après 21h de voyage. Je suis parti précipitamment hier d’Arequipa après avoir consulté ma boîte email. Je rentre finalement pour une urgence administrative après quatre mois de voyage, un mois et demi avant la date prévue. La grimpette à six mille mètres et la visite de mes amis argentins sont donc reportées à plus tard, j’espère à bientôt… C’est dommage, je m’apprêtais à quitter le Pérou pour me rendre en Bolivie et grimper le Huayna Potosi  avec Jean-Yves que j’avais retrouvé à Arequipa. J’y ai aussi rencontré par hasard Fred et Cathy qui fêtaient dignement la victoire du standard dans un restaurant de la ville. Fred a même grimpé le volcan Misti pour l’occasion (5800m) !

Et voilà, on y est! En plus on arrive juste au moment où la brume se lève et nous laisse découvrir les superbes paysages environnants...

Et voilà, on y est! On arrive juste au moment où la brume se lève et nous laisse découvrir les superbes paysages environnants...

Au final, le Pérou m’aura laissé une impression mitigée. La première partie réalisée avec Fernanda jusqu’à Lima fût décevante au niveau des interactions humaines. Je ne compte plus combien de fois on a essayé de nous arnaquer pour grapiller quelques “soles” (la monnaie locale) par-ci par-là. Et comparé à la chaleur des colombiens et à la courtoisie des équatoriens, les péruviens ne nous auront finalement pas laissé une impression des plus sympathiques. Pour moi, tout s’est arrangé à partir de ma visite de la famille de José à Lima, un péruvien rencontré dans mon hôtel à Medellin. Pour Fernanda, tout s’est par contre empiré après Lima, puisqu’à peine arrivée à Cuzco, trois gentlemen l’auront allégé de tout son cash à deux blocs du terminal de bus. Heureusement ils n’ont pas touché à ses affaires ! Par contre Eulalie (une française de notre groupe de trekking) n’aura pas eu cette chance puisqu’une âme charitable s’est accaparée ses chaussures de marche pendant la deuxième nuit  de l’excursion dans la Cordillère blanche, à 4300m d’altitude. Avec un peu de chance, ils pourront retirer vingt dollars de cette pointure trente-six… ?

Bref, toutes ces petites mésaventures me rappellent pas mal d’histoires entendues il y a six ans, quand j’avais passé trois semaines dans les environs de Cuzco (cfr chronique 2003). Amis voyageurs, quand vous êtes au Pérou comptez toujours l’argent qu’on vous remet et assurez-vous préalablement des bonnes intentions de votre interlocuteur…

Pendant la descente la vallée s'offre à nous...

Pendant la descente la vallée s'offre à nous...

Je reste cependant très content du trekking de trois jours réalisé dans la cordillère blanche, ainsi que de la visite de Lima et d’Arequipa. Pour le trekking, on a marché en tout dix-sept heures à plus de quatre mille mètres d’altitude, monté mille six cent mètres, passé un col à 4750m (Punta Union, à soixante mètres du sommet du Mont blanc) et redescendu deux mille mètres. Les trois israéliennes et une des canadiennes du groupe ont même pleuré de joie en passant le col, une bonne heure et demie après les autres. A part la mésaventure de Eulalie, qui a dû redescendre en sandales + chaussettes, ces trois jours et ces deux nuits auront été exceptionnels et resteront gravés dans ma mémoire de baroudeur. Ce trekking aura finalement achevé mes chaussures de marches que je traîne depuis six ans, car j’ai finalement réussi à fendre mes semelles “Vibram”… Les connaisseurs apprécieront ! Mon pied droit a par contre un peu moins apprécié ces trois jours de marche sur un sol détrempé en permanence… On était quand même vachement content d’arriver au bout ! Je vous laisse contempler les images sur picasaweb : http://picasaweb.google.com/patataq/PhotosDuPerou#

Et un petit pic-nic dans un parc en bord de mer à Lima... On a fait beaucoup d'envieux!

Et un petit pic-nic dans un parc en bord de mer à Lima... On a fait beaucoup d'envieux!

Fernanda et moi avons ensuite passé deux jours à Lima, dans le quartier huppé de Miraflores, en se gavant de fromage et de bon vin lors d’un pic-nic dans un parc en bord de mer. Elle est ensuite partie à Cuzco et j’ai passé les deux jours suivants dans la famille de José, qui m’a montré comment on faisait la fête à Lima… C’est en salsant qu’on devient danseur de salsa ! Je suis alors parti pour la belle ville d’Arequipa qui deviendra finalement ma deuxième ville coup de cœur du Pérou, après Cuzco. La ville est dominée par plusieurs sommets enneigés, dont un volcan en forme de cône parfait, le Misti. Les murs de la vieille ville ont été exclusivement construits en stuc de lave blanche, une roche poreuse mais solide qui se forme à partir de la lave à des conditions de température et de pression très précise.

La famille de José chez qui j'ai passé deux jours à Lima

La famille de José chez qui j'ai passé deux jours à Lima

J’avais initialement pensé gravir le Chachani, un des deux sommets de plus de six mille mètres les plus faciles à grimper au monde (avec le Huyana Potosi en Bolivie), c’est-à-dire qu’il n’y a pas de partie réellement technique, il n’y a “que” de la marche… Car il faut tout de même réussir à monter sept cents mètres le deuxième jour avant de redescendre jusqu’au point de départ à cinq mille mètres, ce qui représente un petit onze heures de marche entre cinq et six mille mètres d’altitude… Le tout se fait en deux jours pour 80$ par personne, mais Jean-Yves préférait essayer l’ascension du Huyana Potosi près de la Paz, pensant que les paysages seraient plus montagneux donc plus intéressants. Apparemment, c’est un peu le même topo : deux-trois jours d’ascension pour le même budget.

Une porte d'entrée d'un appartement privatif dans le couvent de Santa Catalina

Une porte d'entrée d'un appartement privatif dans le couvent de Santa Catalina

On avait décidé de partir vers la Bolivie après la visite du couvent de Santa Catalina, qui participe à la renommée touristique de la ville d’Arequipa. Il s’agit d’un couvent où les religieuses vivaient cloîtrées à vie mais qui connut une période où le faste l’emporta sur l’austérité. Les religieuses, provenant de riches familles espagnoles, vivaient dans des appartement privatifs avec jusqu’à quatre servantes à disposition, au milieu de leurs possessions luxueuses : vaisselle en faïence, meubles d’Europe, robes brodées, etc. Le couvent, construit en 1575, constitue une véritable citadelle dans la ville et la visite, qui nous plonge dans un âge révolu, est vraiment intéressante. Une quinzaine de sœurs y vivent encore, toujours cloîtrées, mais elles sont autorisées aujourd’hui à avoir quelques interactions avec le monde extérieur. Si ça tente quelqu’un je peux vous mettre en contact…

Retour à la Casa, à 8h du soir en juin...

Retour à la casa, à 20h en juin... Il fait beau et l'eau a presque eu le temps de s'évaporer! (cfr 22/02/09)

Finalement, cette ascension d’un six mille mètres attendra une autre fois, car me voilà en route vers Madrid et puis Bruxelles. Je compte cependant repartir assez vite vers l’Argentine pour terminer mon voyage et aller visiter mes amis argentins rencontrés lors de mon premier voyage il y a six ans… Il me reste un mois et demi de voyage, un peu d’argent, et je compte bien en profiter !

Hasta la proximus !

Patrick

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3 réponses vers «27/05 Retour à la casa départ…»

  1. pluc dit :

    OUf ! On connaitra enfin la suite des aventures de Pat en el mundo de las piernas abiertas ;) Bon voyage et profite bien de ces derniers moments belges ainsi que de ces 45 jours supplémentaires de bonheur, pour, qui sait, te trouver un bon filon outre-Atlantique ? :)

  2. Fred et Cathy dit :

    Salut la frite!
    Nous nous regalons toujours de tes comptes rendus, et nous sommes deja bien contents de savoir que tu retournes en Argentine tres vite. On se voit donc a Buenos Aires, nous supposons…

    Nous te laissons a tes occupations car les vibrations de Cusco nous appellent…

    Hasta luego

    Fred et Cathy.

  3. Emmanuelle dit :

    Quel bonheur d’avoir entendu cette chronique, en live, mes yeux plongés dans les tiens ! Rien ne remplacera jamais la chaleur humaine. (sourire)
    Profites-en. La vie ne demande qu’à se faire culbuter à grandes enjambées. A nous le monde !

    Emmanuelle.

    ps : A moi le couvent ! J’y trouverai peut-être enfin cette paix tant recherchée… A un détail près : je n’ai pas besoin de tant de confort. Un matelas et une douche suffiront. Rire.

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