19/09 Ramdam pendant le ramadan

19 septembre 2009 par patataq
La jolie porte d'entrée de la maison, où on reste pas mal enfermé

La jolie porte d'entrée de la maison, où on reste pas mal enfermé

Aujourd’hui j’ai chaud. Pourtant le thermomètre n’indique qu’un très modeste 38°C à l’ombre. Mais le soleil tape dur et le taux d’humidité est en train de battre des records. On le sent dans la lourdeur et la densité de l’air.  Sinon en fait, depuis mon arrivée, on a pu noter une baisse sensible des températures, C’est l’automne pour tout le monde et cela devient presque supportable d’aller passer un moment sur la terrasse le soir. On est loin des records de juillet et ses 49°C dans cette région considérée comme l’une des plus chaudes de la planète. D’après les dires de tous, l’air est alors carrément opressant et quasiment irrespirable.

Un petit 38°C... Cést bientôt l'hiver!

Un petit 38°C... C'est bientôt l'hiver!

Par un étrange effet de vases communiquants, c’est maintenant au niveau du boulot que cela commence à chauffer sec. Il me reste un peu plus de deux semaines sur place et j’ai l’impression de n’avoir pas beaucoup avancé. Ceci dit, c’est également le sentiment d’autres expatriés sur place depuis plusieurs mois. Et puis il faut dire que le ramadan n’arrange rien… Même si au final une minorité du staff pratique effectivement le jeûne rituel, les gens rentrent dans une espèce de torpeur, une fatigue permanente de la vie et surtout du travail accompagnée par une tension sociale sous-jacente et généralisée. Apparemment, le ramadan est plutôt considéré comme une période de fête que de restrictions : restrictions le jour pour une minorité de pratiquants, fête la nuit pour tout le monde. Au final, pratiquants et non pratiquants arrivent au travail avec des valises sous les yeux et repartent à 16h pile à la maison. Entre les deux, on essaye de travailler. Là on est bloqué depuis deux semaines au niveau des travaux dans l’hôpital : on a envoyé via DHL des panneaux électriques depuis Amman le 5 septembre pour accélérer les choses, on attend toujours… c’est ramadan.

Vue d'une ruelle insalubre de Basra

Vue d'une ruelle insalubre de Basra

Au niveau professionnel, on pourrait se réjouir que cette période faste se termine demain… Que nenni ! Maintenant on passe à l’Eid, soit quatre jours qui permettent aux fidèles de se reposer. Comprenez faire la fête. Nous auront donc une semaine particulièrement productive puisque tout le monde vient travailler à partir de jeudi. Soit un jour avant le Week end qui commence ici le vendredi, comme dans tous les pays islamiques. Bref on verra bien mais en attendant moi aussi je commence à être un peu fatigué de ne pas avancer dans les objectifs que je m’étais fixés.

Vue de notre rue, avec une mosquée au loin

Vue de la rue de notre maison, avec une mosquée au loin

A part ca, j’ai appris que j’avais une tête d’iraqien, voire de syrien (tu confirmes, Yasmine ?). Mais attention, pas de n’importe quelle genre d’iraqien… Je correspondrais parfaitement au look des petites frappes des bas quartiers de Basra ! Franchement, moi je le prends comme un compliment, pour une fois qu’on ne m’appelle pas gringo ou mundélé… J’en ai d’ailleurs eu la preuve aujourd’hui même, quand je suis allé me balader sur le chantier déserté de l’hopital (déserté, puisque nous sommes à la veille de l’Eid). Pour une fois que je suis seul, j’ai été pris à partie par une vieille qui ne voulait pas comprendre que je ne comprenais rien à ce qu’elle disait. Et elle n’avait pas l’air très contente que je lui manque à ce point de respect… Petit malotru des bas-quartiers!

vue depuis le toit de notre maison

vue depuis le toit de notre maison

Bref, je me prépare malgré tout pour un petit sprint de fin de parcours. On a finalement décidé d’envoyer les deux camions qui étaient bloqués à Amman depuis trois semaines sans la lettre d’exemption de taxes qu’on n’arrivait pas à obtenir parce que c’est ramadan, et ils devraient arriver lundi, en plein Eid… Vingt tonnes à débarquer, j’espère que les journaliers ne vont pas nous faire faux bond ! Pour l’anecdote, on va finalement recevoir les camions avant les panneaux électriques, qu’on avait

Même vue, pendant une tempête de sable...

Même vue, pendant une tempête de sable...

justement décidé d’envoyer en express de peur que les camions arrivent en retard… Il n’y a pas qu’au congo qu’il faut apprendre la patience. Ensuite, bonne nouvelle, on m’a trouvé un remplacant qui arrive le 28 septembre, ce qui nous laisse une bonne semaine de passation ensemble. Il ne me restera plus qu’à rédiger les rapports de passation, de fin de mois, de fin de mission et de fin de ramadan. Sinon j’espère toujours terminer l’aménagement de l’« Opération Theatre 1» (dites Otie one) avant la fin du mois, l’espoir fait vivre, et pour le déménagement dans la nouvelle maison… Ce sera un dossier pour mon successeur indonésien ! Il a de la chance lui, il arrive juste après ramadan…

Yallah !

Patrick

29/08 Opération frite du désert, Basra, Iraq

4 septembre 2009 par patataq

Samedi 29 août 2009, aéroport de Basra, Iraq.

Vue d'un croisement au centre ville de Basra

Vue d'un croisement animé au centre ville de Basra... C'est le souk!

À la sortie de l’avion, l’Iraq m’accueille et m’enveloppe de son souffle brûlant. Le vent chaud du désert m’assaille et me donne l’impression d’entrer dans un sauna, l’humidité en moins. La chaleur oppresse mes poumons mais je reste serein, content et curieux de cette nouvelle expérience qui s’offre à moi. Depuis mon hublot, j’ai contemplé pendant des heures un paysage désertique et monotone dans une palette de couleurs infinie entre jaune foncé et beige clair. Basra est une ville entourée de sable, malgré qu’elle soit située à seulement une centaine kilomètres de l’extrémité Nord du golfe persique, près de la frontière Koweïtienne et Iranienne. Elle est également traversée par le Shatt Al ‘Arab, un confluent du Tigre et de l’Euphrate qui va se jeter cent kilomètres plus loin dans le golfe. Par vent de mer, cette chaleur sèche et suffocante se transforme en moiteur humide et collante… J’espère ne pas avoir à connaître ces conditions climatiques apparemment beaucoup plus désagréables.

Arrivée à la maison MSF... On va bientôt déménager

Arrivée à la maison MSF... On va bientôt déménager

Aujourd’hui on profite de températures plus clémentes, entre “seulement” 42°C la journée et 35°C la nuit. Climatisation indispensable. Il y en a partout, qui fonctionnent tout le temps. Et comme toujours dans les pays chauds, les salles climatisées se prennent dans un délire schizophrénique pour des chambres froides et dépassent rarement les 20°C. Bienvenue au rhume, je me demande d’ailleurs si je ne suis pas en train de commencer quelque chose…

Armé de mon sparadrap sur le sourcils gauche afin de cacher mon piercing que je ne suis pas parvenu à enlever à main nue, je pars à la découverte de cette culture inconnue pour moi. Nous sommes en pleine période de Ramadan, ce qui veut dire que les règles de conduite sont encore plus drastiques qu’à l’habitude. Enfin, je suis un homme, ce qui me donne tout de même certaines libertés vestimentaires interdites aux quatre femmes qui m’accompagnent depuis Amman en Jordanie : la chef de mission italienne, la responsable RH portugaise de la cellule de Rome, la coordinatrice admin-fin française et la doctoresse malaisienne du projet qui revient d’un Week end de repos à Amman, que les expatriés doivent prendre toutes les six semaines pour souffler entre deux restrictions. Par contre, pas question de fumer dans la rue, de manger ou de boire, mais apparemment il est toléré de chiquer. Ma condition de mâle m’aura par contre valu une séance de scannage de rétines et d’empreintes digitales auprès de la dernière section de l’armée américaine encore présente à Basra, déployée pour garder l’aéroport… Ca y est, je suis fiché par l’armée américaine!

Architecture et couleurs locales, tout est beige

Architecture et couleurs locales, tout est beige

Nous vivons dans une maison du centre ville qui fait également office de bureau. Le briefing culturel m’aura entre autre appris qu’on ne pouvait pas donner la main aux femmes pour dire bonjour. Moi qui revient d’Amérique du sud où j’ai plutôt appris à embrasser tout le monde, je n’ai pas facile à réfréner mes envies de contact au moment de la présentation au staff et ne sais pas encore très bien quoi dire ou quoi faire, comment me tenir. Je reste donc étonnement silencieux et observateur, comme pendant la visite de l’hôpital dans lequel MSF a développé plusieurs activités. Il me faudra quelques jours pour commencer à me sentir à l’aise dans cette culture inconnue, et déjà aujourd’hui je me rends compte que les gens sont généralement plus ouverts que ce que les différents briefing et mes propres préjugés me laissaient penser.

Une ancienne photo du staff, dont les anciens expats, pour vous faire une idée

Une ancienne photo du staff, dont les anciens expats, pour vous faire une idée

À partir d’aujourd’hui, il ne me reste déjà plus que un mois et un jour sur place, je partirai sans doute le 5 octobre pour Amman, puis Rome et Bruxelles, avant de repartir normalement le 17 en Colombie. Un mois de course et de travail à temps plus que plein. Il n’y a plus eu de réelle supervision logistique du projet depuis quatre-cinq mois et cela se sent. Je ne suis cependant pas là pour remettre une structure organisationnelle en place mais pour boucler des dossiers techniques urgents : installation du système électrique d’une aile de l’hôpital, installation d’un système de filtration de l’eau, formation du nouvel adjoint logistique qui arrive milieu du mois, préparation du déménagement de la maison et des bureaux, réaménagement des nouveaux locaux, etc.

Ici l’eau du robinet est salée, on dirait de l’eau de mer. Elle est pompée depuis la rivière et traitée, mais les traitements pour enlever la salinité de l’eau sont extrêmement coûteux. On fait avec… Elle est toujours chaude aussi, impossible de prendre une douche froide, même le matin. La douche salvatrice pour enlever sueur et poussière vous coûtera donc un goût d’eau de mer dans la bouche et les yeux qui piquent. Je n’en prends donc que deux fois par jour… On a vu pire.

Voici la raison pourquoi l'eau est toujours chaude : les réservoirs sont sur le toit, et il fait toujours chaud sur le toit, même la nuit

Voici la raison pour laquelle l'eau est toujours chaude : les réservoirs sont sur le toit, et il fait toujours chaud sur le toit, même la nuit

J’ai aussi eu la chance de revoir un ami belge du CICR que j’ai connu lorsque je travaillais en Ethiopie. Le monde, et plus particulièrement celui de l’humanitaire, m’apparaît décidément de plus en plus comme un village, c’est dingue. J’en ai profité pour rester dormir sur place après avoir refait le monde autour d’”un” bon verre de whisky… Je n’ai pas encore commencé ma période de jeûne personnelle, dont j’ai besoin après mes excès éthyliques qui accompagnent habituellement chacun de mes retours au pays des moules. J’attends mon anniversaire la semaine prochaine pour projeter les habituelles bonnes résolutions de cette nouvelle année qui s’ouvre à moi, je trouverai bien une autre excuse après ^_^.

Sur ce, je vais aller me prendre une bonne douche d’eau chaude et salée, j’en ai besoin!

Maa Salaam!

Patrick

27/05 Retour à la casa départ…

6 juin 2009 par patataq
La montée vers le col Punta Union, dans la Cordillera blanca...

La montée vers le col Punta Union, dans la Cordillera blanca...

Je contemple les sommets enneigés des Andes depuis le dernier hublot de  mon Airbus A340-300 à destination de Madrid. J’ai décollé de Lima à 10h30. J’arriverai à Bruxelles demain à 14h40 après 21h de voyage. Je suis parti précipitamment hier d’Arequipa après avoir consulté ma boîte email. Je rentre finalement pour une urgence administrative après quatre mois de voyage, un mois et demi avant la date prévue. La grimpette à six mille mètres et la visite de mes amis argentins sont donc reportées à plus tard, j’espère à bientôt… C’est dommage, je m’apprêtais à quitter le Pérou pour me rendre en Bolivie et grimper le Huayna Potosi  avec Jean-Yves que j’avais retrouvé à Arequipa. J’y ai aussi rencontré par hasard Fred et Cathy qui fêtaient dignement la victoire du standard dans un restaurant de la ville. Fred a même grimpé le volcan Misti pour l’occasion (5800m) !

Et voilà, on y est! En plus on arrive juste au moment où la brume se lève et nous laisse découvrir les superbes paysages environnants...

Et voilà, on y est! On arrive juste au moment où la brume se lève et nous laisse découvrir les superbes paysages environnants...

Au final, le Pérou m’aura laissé une impression mitigée. La première partie réalisée avec Fernanda jusqu’à Lima fût décevante au niveau des interactions humaines. Je ne compte plus combien de fois on a essayé de nous arnaquer pour grapiller quelques “soles” (la monnaie locale) par-ci par-là. Et comparé à la chaleur des colombiens et à la courtoisie des équatoriens, les péruviens ne nous auront finalement pas laissé une impression des plus sympathiques. Pour moi, tout s’est arrangé à partir de ma visite de la famille de José à Lima, un péruvien rencontré dans mon hôtel à Medellin. Pour Fernanda, tout s’est par contre empiré après Lima, puisqu’à peine arrivée à Cuzco, trois gentlemen l’auront allégé de tout son cash à deux blocs du terminal de bus. Heureusement ils n’ont pas touché à ses affaires ! Par contre Eulalie (une française de notre groupe de trekking) n’aura pas eu cette chance puisqu’une âme charitable s’est accaparée ses chaussures de marche pendant la deuxième nuit  de l’excursion dans la Cordillère blanche, à 4300m d’altitude. Avec un peu de chance, ils pourront retirer vingt dollars de cette pointure trente-six… ?

Bref, toutes ces petites mésaventures me rappellent pas mal d’histoires entendues il y a six ans, quand j’avais passé trois semaines dans les environs de Cuzco (cfr chronique 2003). Amis voyageurs, quand vous êtes au Pérou comptez toujours l’argent qu’on vous remet et assurez-vous préalablement des bonnes intentions de votre interlocuteur…

Pendant la descente la vallée s'offre à nous...

Pendant la descente la vallée s'offre à nous...

Je reste cependant très content du trekking de trois jours réalisé dans la cordillère blanche, ainsi que de la visite de Lima et d’Arequipa. Pour le trekking, on a marché en tout dix-sept heures à plus de quatre mille mètres d’altitude, monté mille six cent mètres, passé un col à 4750m (Punta Union, à soixante mètres du sommet du Mont blanc) et redescendu deux mille mètres. Les trois israéliennes et une des canadiennes du groupe ont même pleuré de joie en passant le col, une bonne heure et demie après les autres. A part la mésaventure de Eulalie, qui a dû redescendre en sandales + chaussettes, ces trois jours et ces deux nuits auront été exceptionnels et resteront gravés dans ma mémoire de baroudeur. Ce trekking aura finalement achevé mes chaussures de marches que je traîne depuis six ans, car j’ai finalement réussi à fendre mes semelles “Vibram”… Les connaisseurs apprécieront ! Mon pied droit a par contre un peu moins apprécié ces trois jours de marche sur un sol détrempé en permanence… On était quand même vachement content d’arriver au bout ! Je vous laisse contempler les images sur picasaweb : http://picasaweb.google.com/patataq/PhotosDuPerou#

Et un petit pic-nic dans un parc en bord de mer à Lima... On a fait beaucoup d'envieux!

Et un petit pic-nic dans un parc en bord de mer à Lima... On a fait beaucoup d'envieux!

Fernanda et moi avons ensuite passé deux jours à Lima, dans le quartier huppé de Miraflores, en se gavant de fromage et de bon vin lors d’un pic-nic dans un parc en bord de mer. Elle est ensuite partie à Cuzco et j’ai passé les deux jours suivants dans la famille de José, qui m’a montré comment on faisait la fête à Lima… C’est en salsant qu’on devient danseur de salsa ! Je suis alors parti pour la belle ville d’Arequipa qui deviendra finalement ma deuxième ville coup de cœur du Pérou, après Cuzco. La ville est dominée par plusieurs sommets enneigés, dont un volcan en forme de cône parfait, le Misti. Les murs de la vieille ville ont été exclusivement construits en stuc de lave blanche, une roche poreuse mais solide qui se forme à partir de la lave à des conditions de température et de pression très précise.

La famille de José chez qui j'ai passé deux jours à Lima

La famille de José chez qui j'ai passé deux jours à Lima

J’avais initialement pensé gravir le Chachani, un des deux sommets de plus de six mille mètres les plus faciles à grimper au monde (avec le Huyana Potosi en Bolivie), c’est-à-dire qu’il n’y a pas de partie réellement technique, il n’y a “que” de la marche… Car il faut tout de même réussir à monter sept cents mètres le deuxième jour avant de redescendre jusqu’au point de départ à cinq mille mètres, ce qui représente un petit onze heures de marche entre cinq et six mille mètres d’altitude… Le tout se fait en deux jours pour 80$ par personne, mais Jean-Yves préférait essayer l’ascension du Huyana Potosi près de la Paz, pensant que les paysages seraient plus montagneux donc plus intéressants. Apparemment, c’est un peu le même topo : deux-trois jours d’ascension pour le même budget.

Une porte d'entrée d'un appartement privatif dans le couvent de Santa Catalina

Une porte d'entrée d'un appartement privatif dans le couvent de Santa Catalina

On avait décidé de partir vers la Bolivie après la visite du couvent de Santa Catalina, qui participe à la renommée touristique de la ville d’Arequipa. Il s’agit d’un couvent où les religieuses vivaient cloîtrées à vie mais qui connut une période où le faste l’emporta sur l’austérité. Les religieuses, provenant de riches familles espagnoles, vivaient dans des appartement privatifs avec jusqu’à quatre servantes à disposition, au milieu de leurs possessions luxueuses : vaisselle en faïence, meubles d’Europe, robes brodées, etc. Le couvent, construit en 1575, constitue une véritable citadelle dans la ville et la visite, qui nous plonge dans un âge révolu, est vraiment intéressante. Une quinzaine de sœurs y vivent encore, toujours cloîtrées, mais elles sont autorisées aujourd’hui à avoir quelques interactions avec le monde extérieur. Si ça tente quelqu’un je peux vous mettre en contact…

Retour à la Casa, à 8h du soir en juin...

Retour à la casa, à 20h en juin... Il fait beau et l'eau a presque eu le temps de s'évaporer! (cfr 22/02/09)

Finalement, cette ascension d’un six mille mètres attendra une autre fois, car me voilà en route vers Madrid et puis Bruxelles. Je compte cependant repartir assez vite vers l’Argentine pour terminer mon voyage et aller visiter mes amis argentins rencontrés lors de mon premier voyage il y a six ans… Il me reste un mois et demi de voyage, un peu d’argent, et je compte bien en profiter !

Hasta la proximus !

Patrick

17/05 Patrick fait du Yoyo, Huaraz, Perou

18 mai 2009 par patataq
Le "train" touristique bloqué par un glossement de terrain.. bienvenue en Equateur!

Le "train" touristique bloqué par un glissement de terrain.. bienvenue en Equateur!

Je continue cette descente vers le sud en mode turbo… Me voici arrivé depuis hier soir à Huaraz dans la Cordillère Blanche, qui se vante d’être la deuxième plus grande chaîne de montagnes après l’Himalaya, en plein milieux du Perou. On y trouve tout de même même vingt-deux sommets de plus de six mille mètres, qui justifient le nom donné à cette éclosion de monts enneigés. Je pars demain pour un trekking de trois jours entre quatre mille et quatre mille sept cents mètres, après avoir passé presqu’une semaine au niveau de la mer. J’espère que le dieu du mal d’altitude me le pardonnera…

Les splendides payasages Equatoriens, depuis le train

Les splendides payasages Equatoriens, depuis le train

Après le trajet en train et deux nuits passées dans la belle ville coloniale de Cuenca, en Equateur, j’avais décidé d’écourter ma visite de ce beau pays pour me rendre directement vers les côtes Péruviennes en compagnie de Fred et Cathy, un couple de comparses Belges rencontrés sur la crête du Volcan Quilotoa (http://fantasticadventure.skyrock.com/) et de Fernanda, une Colombienne qui voyageait seule. Il faut dire que ma garganta del diablo ne me laissait toujours pas tranquille et j’avais compris qu’il était temps de me prendre une pause-playa. Mais cette visite éclair de l’Equateur n’aura pas été, de loin, suffisante pour pouvoir apprécier à sa juste valeur les nombreux charmes de ce superbe pays. Ce sera, j’espère, pour une prochaine fois…

La nouvelle cathédrale de Cuanca, patrimoine de l'Unesco

La nouvelle cathédrale de Cuanca, patrimoine de l'Unesco

Après un passage rapide et assez désagréable par Tumbes, la première ville Péruvienne après la frontière, où un concentré de sales gueules nous ont fixé toute l’après midi et ont fini par nous suivre jusque dans notre hôtel, nous nous sommes finalement retrouvé à Mancora, petite ville balnéaire envahie par les surfeurs. C’est la dernière plage où l’on peut profiter d’une eau relativement chaude avant de rencontrer le courant Humboldt un peu plus au sud (genre Gulf  stream inversé). On y a retrouvé Jean-Yves, un français avec qui j’avais bien accroché à Medellin (http://jy-chaulet.blogspot.com), qui y prenait son pied en surfant depuis trois jours après avoir passé également plus d’un mois en montagne.

Mancora, la plage des surfeurs et du ceviche

Mancora, la plage des surfeurs et du ceviche

Fred et Cathy ont cependant continué vers Lima, où on les attendait pour se faire soigner aux petits oignons par des amis de la famille. Ils m’ont fait découvrir le principe “Couchsurfing”, que je compte utiliser dès que j’aurais ralenti quelque peu la cadence  : on prend contact via un site dédié (http://www.couchsurfing.com) avec un hôte potentiel. Ce dernier, en fonction de ses disponibilités et de votre profil laissé sur le site, accepte ou non de vous héberger. Le tout est gratuit, l’idée étant de promouvoir les échanges interculturels. Fred et Cathy ont ainsi pu traverser tous les Etats-Unis sans payer un rond en logement et en remplissant leurs besaces d’expériences inédites et d’anecdotes croustillantes… J’ai hâte d’essayer, c’est exactement comme ça que j’envisage le voyage, en rentrant en contact avec des locaux ouverts d’esprit! D’ailleurs, si vous êtes  intéressés par héberger des voyageurs de passage, c’est très facile, je vous invite à vous renseigner directement sur le site.

Un mur reconstruit de la ville de Chan chan

Un mur reconstruit de la ville de Chan chan

Après trois nuits passées à Mancora en compagnie de Jan-Yves, à profiter de la plage et des succulents menus “ceviche-poisson” à 1,5€, nous sommes partis à deux avec Fernanda en direction des montagnes, en réalisant une visite éclair du site archéologique de Chan chan aux abords de la ville de Trujillo.  Chan Chan est la plus grande ville pré-hispanique qui ait jamais existé sur le continent américain. Elle a été entièrement construite en brique d’adobe et il n’en subsiste aujourd’hui essentiellement qu’un nombre impressionnant de rangées de sables plus ou moins rectilignes qui témoignent de sa grandeur passée. La citée fût construite entre le Xème et le XVème siècle par le peuple Chimu et on estime qu’elle a pu abriter jusqu’à 100.000 habitants avant d’être annexée par les Incas en 1470 lors de la grande vague de conquête. Certains sites ont cependant été réhabilités et nous donnent une idée de l’étonnant degré d’organisation et de développement technologique atteint par ces civilisations pré-colombiennes.

Vue d'un "6000" depuis la ville de Huaraz

Vue d'un "6000" depuis la ville de Huaraz

Si tout se passe bien, ce trekking de trois jours devrait être un bon entraînement avant d’entamer une ascension à six mille mètres. Je pense finalement la réaliser au Perou, près d’Arequipa, sur ce qui semble être un des six mille les plus faciles, ou les moins difficiles au monde, c’est selon!

Hasta la proximont!

Patrick

06/05 – Un bon bain à Baños-les-bains, Ecuador

8 mai 2009 par patataq
La basilica del voto nacional à Quito, avec la statue de la vierge en arrière plan

La basilica del voto nacional à Quito, avec la statue de la vierge en arrière plan

Ça y est j’ai craqué! Je me suis finalement offert une chambre “de luxe” avec baignoire, lit double, matelas haut-de-gamme et changement de draps tous les jours… le tout pour la somme astronomique de douze dollars la nuit, soit quand même le double de ce que j’ai l’habitude de payer. Non non, je ne culpabilise pas, je viens de me prendre quatre bains en deux jours pour combler mon état de manque après trois mois de douches parfois chaudes. Et puis, comment résister à l’appel du bain dans une ville qui s’appelle “Bains”, je vous le demande ?

La virgen de Quito de 45 m de haut...

La virgen de Quito, 45 m de haut...

J’en avais en tous cas grandement besoin car depuis la discussion d’une heure sous la pluie à Quito avec un sans-abri vers les deux heures du matin (il était tellement bourré qu’il dormait tranquillement dans l’eau), j’en étais resté avec les pieds mouillés et un début d’angine que je traîne depuis cinq jours… Ce qui n’enlève cependant rien à la beauté de Quito, ancienne ville coloniale érigée sur les vestiges de la deuxième capitale Inca, elle cache de nombreuses places verdoyantes et un nombre incalculable d’églises richement ornementées, dont une basilique gothique digne du moyen-âge. A l’époque de l’invasion espagnole, l’empire Inca était en plein guerre civile et Quito venait d’être pratiquement rasée par Atahualpa, roi de Cuzco, raison pour laquelle on n’y retrouve quasiment aucun vestige Inca.

Le cratère du volcan Quilotoa, avec le lac 300m plus bas

Le cratère du volcan Quilotoa, avec le lac 300m plus bas

Je n’y serai cependant resté que deux nuits en tout avant d’en repartir en direction du sud vers les hautes altitudes. Je pensais tout d’abord réaliser la boucle Quilotoa en trois jours : le matin (genre 4h du matin), on prend un bus pour se rendre sur un point de la boucle, l’après midi on marche et le soir (genre 8h du soir) on dort. Arrivé sur place, j’ai finalement décidé de rester dans le bus et de continuer vers la vallée jusqu’à la prochaine ville où il faisait chaud afin de soigner mon début d’angine. Après plusieurs séances de gargarismes à l’eau salée et une bonne nuit de sommeil, je me suis réveillé en bien meilleur état et j’ai donc décidé de retourner le lendemain jusqu’au volcan Quilotoa. J’y suis arrivé à midi et après un petit aller-retour de deux heures pour voir le lac dans le cratère en contrebas, je me suis vaillamment mis en route pour réaliser le tour du volcan par la crête, estimé à douze “petits” kilomètres. Présumant de mes forces retrouvées, j’avais cependant un peu oublié que je marchais à presque 4000 mètres d’altitude et qu’il fallait compter avec 1000m de dénivelé cumulés en descente et donc 1000m en montée, puisqu’on revient au point de départ… J’aurais finalement bouclé le tour en 4h, juste avant la tombée de la nuit, le cœur à 140, et avec mon besoin de marche provisoirement comblé pour une période indéfinie…

Petite séance de rafting, ou comment transformer une angine en rhume

Petite séance de rafting, ou comment transformer une angine en rhume

Je suis enfin resté deux jours dans la ville des bains, la bien nommée ! Capitale touristique d’Equateur, Baños s’étend à 1800m d’altitude entre des sommets verdoyants dans l’ombre menaçant d’un volcan en activité, qui explique sans doute la présence des nombreuses sources thermales aux alentours (voir cette vidéo amateur pour vous donner une idée : http://www.youtube.com/watch?v=m4sAERb3nts&feature=related). J’ai eu la bonne idée de réaliser une séance de rafting tant attendue, et mon début d’angine s’est dès lors transformé en début de rhume, accompagné d’un bouton de fièvre et de problèmes digestifs… Merci l’attaque virale ! La visite du “poelon du diable” n’a sans doute rien arrangé, vu la saturation d’humidité dans l’air qu’on y rencontre, mais rien de rien, non je ne regrette rien !

La vallée du Rio Patate. sur lequel on a fait du Rafting...

La vallée du Rio Patate... Ça ne s'invente pas.

En attendant, je continue de bouger à un rythme effréné, puisqu’à l’heure où je termine cette chronique je me trouve déjà à Riobamba, à deux heures de bus de Baños, où j’embarquerai demain matin dans le train en direction de Cuenca. Ce train touristique permet d’admirer la fameuse “narine du diable” dont tout le monde me parle… Peut-être que ça va aider à soigner mon rhube ?

Hasta la proxitchoum !

Patrick

P.S. J’ai créé une nouvelle page sur picasaweb avec les photos d’equateur : http://picasaweb.google.com/patataq/PhotosDEquateur#

30/04 De Cali la caliente à Quito la fria

1 mai 2009 par patataq
La piscine communale de mon quartier populaire... Derrière, les blocs d'immeubles où j'ai dormi quatre jours

La piscine communale de mon quartier populaire... Derrière, le bloc d'immeubles où j'ai dormi quatre jours

Je serai finalement resté deux jours de plus que prévu à Cali la chaude. J’en ai profité pour me plonger une dernière fois dans la culture colombienne avant de quitter ce pays aux charmes envoûtants. J’ai passé ces quatre derniers jours dans un quartier populaire au nord de Cali à me faire chouchouter par les grands-mères du coin, qui m’ont entre autre appris une série de gros-mots salaces typiquement colombiens en pouffant de rire comme des adolescentes. Elle m’ont également appris à jouer au “parquès”, le jeu de dés national, en buvant des bières toute la soirée, mais on n’aura finalement pas eu l’occasion de pratiquer la salsa comme prévu… Elles sont en forme, les grands-mères par ici!

Une rue classique de ce quartier populaire

Une rue classique de ce quartier au nord de Cali

La chaleur que j’ai ressenti à Cali provient avant tout de ses habitants, bien que le climat tropical n’y est sans dout pas étranger (on se croirait en Afrique). Il est tout simplement impossible de rester plus de vingt minutes seul, les gens vous abordent à tout bout de champ, ce qui peut d’ailleurs parfois devenir  agaçant. Mais c’est justement cette chaleur humaine que je trouve finalement si attirante dans ces contrées latines. Je ne compte plus combien de fois je me suis fait appelé “mi vida” ou “mi amor” par une commerçante inconnue simplement parceque je lui achetais une bouteille d’eau. Ou bien c’est le chauffeur du bus qui répond à une dame qui voulait monter : “non mon amour, le bus ne passe pas par là…”. Faudra que j’essaie en Belgique pour voir!

Le sanctuarie de las Lajas à la frontière entre la Colombie et l'Equateur

Le sanctuarie de las Lajas à la frontière entre la Colombie et l'Equateur

Au niveau organisation par contre, c’est quand même un peu le bordel… La plupart du temps les gens arrêtent le bus seulement pour demander l’itinéraire car personne ne le connait vraiment. Et puis il n’y a pas d’arrêts officiels, ce qui peut amener le chauffeur à s’arrêter cinq fois en cent mètres… Pour plagier un comparse de voyage qui écrit également une chronique (merci Jean-Yves : http://jy-chaulet.blogspot. com), les chauffeurs sont par contre étonnement polysynaptiques, ils sont capables, tout en conduisant, de calculer le prix de la course, remettre le change, klaxonner quand ils voient un passager potentiel, engueuler les autres chauffeurs et répondre toutes les deux minutes à leur GSM. Et je me demandais pourquoi ils conduisaient toujours comme des dingues… C’est qu’ils ont des horaires à respecter évidemment, avec pénalité financière s’ils arrivent en retard! A chacun sa méthode, mais je préfère ne pas connaître les statistiques sur les accidents de la route en Colombie. Ça me rappelle trop le frontal qu’on a évité de justesse dans les hauteurs de Medellin quand le chauffeur de mon bus a voulu doubler en côte dans un virage sans visibilité. Heureusement le camion en face roulait à vide, cette fois là…

Sanctuaire de Las Lajas à Ipiales, Colombie

Sanctuaire de Las Lajas à Ipiales, Colombie

Mais voilà, toute bonne chose a une fin et après presque deux mois passé en Colombie, il fallait bien que je me fasse à l’idée que j’étais en retard sur mon programme. Il me reste désormais un mois pour connaître l’Equateur, le nord du Perou et monter un sommet de plus de six mille mètres en Bolivie avant d’arriver en Argentine début juin. J’ai donc quitté la chaleur de Cali hier soir et je me retrouve dans la fraîcheur de Quito presque vingt quatre heures plus tard. Demain je vais voir la “Mitad del Mundo”, pour compléter ma visite “del fin del mundo” réalisée il y a six ans (Cfr Chronique 2003), et puis je pense descendre assez vite vers d’autres villes, apparemment spécialisées dans les activités en ing… Ça tombe bien, je suis en manque de rafting et de trekking!

Hasta la proximitad!

Patrick

26/04 On the road again, Cali, Colombie

26 avril 2009 par patataq
Je vous avais dit que j'allais vous montrer le métro de Medellin...

Je vous avais dit que j'allais vous montrer le métro de Medellin...

Me voilà finalement reparti sur la route, après avoir passé presque un mois à Medellin pour apprendre à voler. Le dernier vol était incroyable, j’ai trouvé un courant thermique ascendant et je suis monté plus haut que tout le monde! Mon coeur en palpite encore d’allégresse… Sinon J’ai quelque peu accéléré le rythme depuis mon départ : quatre jours à Bogota, deux jours à San Agustin et je suis arrivé hier à Cali, je repartirai demain pour l’Equateur.

Au parc en famille avec Joachim, chef de mission MSF en Colombie, Clotilde prend la photo

Au parc en famille avec Joachim, chef de mission MSF en Colombie, Clotilde prend la photo

Les quatres jours à Bogota auront été les plus bizarre de mon voyage jusqu’à maintenant. Après avoir passé un agréable dimanche au parc en famille avec Joachim, Clotilde et leurs deux enfants (chef de mission et coordinatrice logistique de MSFB en Colombie) j’ai fait la fête avec les anglo-saxons de mon hotel en mal de pétage de gueule. C’étaient mes quatre premières nuits en dortoir, et j’en suis sorti avec un disque dur en moins… Je ne sais toujours pas très bien si c’est moi qui l’ai oublié quelque part ou si un comparse de dortoir se l’est tranquillement accaparé, mais en attendant j’ai perdu toutes mes données. Ce n’est pas une bonne nouvelle mais ça vaut toujours mieux que Camillo, un Canadien rencontré à Medellin qui s’est fait voler 3000 dollars dans le bus vers Bogota. Que faisait-il avec 3000 dollars en liquide me direz-vous, et c’est aussi ce que je me demande, mais en attendant pour lui le voyage est terminé. Ceci dit, cela vaut certainement mieux que David, un américain qui a participé à la guerre en Irak et qui a essayé de se suicider en se coupant plusieurs veines… Les voyages ne sont pas toujours rose ni facile pour tout le monde, on se déconstruit parfois plus qu’on ne se construit. Et je parle aussi pour moi.

Vue depuis ma chambre à San Agustin, au lever du soleil.

Vue depuis ma chambre à San Agustin, au lever du soleil.

Bref, sentant que l’appel du chemin se faisait de plus en plus fort, j’ai décidé de repartir de Bogota en essayant de ne plus ouvrir mon Lonely Planet. C’est très bien au début, quand on est tout perdu et qu’on ne sait pas vraiment où aller, mais cela finit par être vachement limitatif de suivre un guide touristique. Et puis je commence à être un peu saturé de l’ambiance anglo-saxonne-pétage-de-gueule dans laquelle je traîne depuis le début de mon voyage. Je me suis ainsi retrouvé à San Agustin, capitale Colombienne des vestiges archéologiques pré-hispaniques, à une adresse conseillée par Clotilde de MSF : la Casa del Sol, isolée du village avec une vue imprenable sur un canyon depuis ma cabane solitaire. Cela ne m’aura cependant pas empêché de tomber sur une joyeuse bande d’étrangers vivant dans le village depuis plusieurs années… On a joué toute l’après-midi au ping pong en buvant des bières. Mais au moins ils parlaient espagnol! J’ai donc remis au lendemain ma cure de vie saine et de nature en allant visiter le parc archéologique le matin et en faisant une balade à cheval dans les environs l’après-midi. Très mignon San Agustin, j’y serais bien resté jusqu’au lundi, jour de la semaine où la petite bande se réunit dans le seul but de boire le maximum de bières, mais le temps commence à presser, et puis je commence aussi à un peu saturer de la bière…

Sculpture pré-hispanique... Vous avez aussi l'impression qu'il se fout de votre gueule?

Sculpture pré-hispanique... Vous avez aussi l'impression qu'il se fout de votre gueule?

Je suis donc reparti le lendemain pour Cali, capitale colombienne de la salsa et des jolies filles, en essayant toujours de ne pas ouvrir mon Lonely Planet. Je me retrouve du coup chez un Colombien rencontré dans le bus venant de San Agustin qui a proposé de m´héberger gratuitement en échange d’un poulet à l’estragon accompagné de gratin dauphinois. Miam. On est bien entendu allé faire la fête hier samedi, ce qui m’a gentillement rappelé que je dois absolument reprendre des cours de salsa. Bien sympa en tous cas, je rentre finalement enfin dans la véritable ambiance colombienne  au moment où je vais justement quitter la Colombie… Mais mieux vaut tard que jamais. Il me reste un peu plus d’un mois pour arriver en Argentine début juin, en passant par l’Equateur, le Perou et la Bolivie. L’air de rien, ça passe vraiment vite cinq mois! D’accord je me tais. Je ne sais pas du tout ce que je vais faire en Equateur, ni d’ailleurs où je vais, je pense à une séance de rafting mais on verra bien, j’ai décidé de me laisser porter par le courant…

Voilà, étant sorti d’une certaine routine quotidienne, je pense reprendre un rythme plus soutenu pour la rédaction de ces chroniques. En attendant, donnez-moi de vos nouvelles, je suis en manque ;-)

Pat Kerouac sur la route

09/04, En flagrant délit de vol à Medellin

9 avril 2009 par patataq
Le pied! Premier vol en double où j'ai pris les commandes

Le pied! Premier vol en double où j'ai pris les commandes

Eh voilà, ça y est, je suis pris! Impossible de résister à l’appel du vol… Je me rappelle, ça m’est arrivé pour la première fois avec un Kinder Surprise au GB du coin, il me regardait avec envie, maman avait dit non, j’avais dans les huit ans, l’âge où les interdits ont un goût succulent. Le truc c’est qu’il faut tout oublier au moment de passer à la caisse. C’est ce que j’ai fait, jusqu’à ce que maman me demande en arrivant à la voiture pourquoi j’avais un Kinder Surprise qui dépassait de ma braguette… Houlàààà, le mauvais quart d’heure que j’ai passé! Je l’ai supplié de ne pas en parler à mon père et je ne sais toujours pas si elle a gardé le secret pour elle ou pas. De toutes façons j’ai fait pire après. Non je ne dirai rien.

Décollage de mon second vol en solo… séquence émotion 

Enfin, je m’égare mais tout cela pour vous dire qu’en bon récidiviste que je suis je ne pouvais bien entendu pas en rester là. Et voilà qu’enfin, après toutes ces années de vie heuuu… modèle, la passion du vol m’a repris ! Car ne vous y trompez pas, le parapente ne consiste pas simplement à planer, il s’agit véritablement de voler. Voler au milieu des oiseaux. Au milieu des courants d’air chaud ascendants. Au-dessus de la ville. Au-dessus des gens. En dessous des nuages. Wouaawww ! Je recommande vivement cette expérience à tout le monde. Le plus vieux rêve de l’homme réalisé… Entre le silence et le sifflement du vent, la liberté des trois dimensions vous accueille et vous enveloppe d’un souffle bienveillant.

Petite figure acrobatique que j’ai réalisé le deuxième jour… Non je vous jure!

C’est vrai en tous cas jusqu’à l’atterrissage… Car effectivement, toute bonne chose a une fin et pour le moment avec mon niveau de débutant la fin arrive toujours plus tôt que prévu. Juste pour vous donner une idée, les instructeurs ici ont fait des vols de 150Km en six heures et le record du monde est établi à 426Km de distance en presque onze heures de vol. Bref, l’atterrisage reste donc malgré tout le moment le plus délicat car, dépourvu de moteur, vous avez une et une seule chance de réaliser correctement votre approche… Et le cerveau humain est étonnement peu développé pour évaluer les distances verticales. Du coup au début vous ne savez jamais si vous êtes trop haut ou trop bas, c’est une sensation très étrange. Heureusement, pendant la phase d’apprentissage on vous guide par radio jusqu’à ce que vous sentiez vous-même à quel moment vous pouvez vous lancer dans l’approche finale, en fonction de la force et de la direction du vent, qui a d’ailleurs la fâcheuse tendance à changer au dernier moment par ici…

Vue de Medellin avec Deyanira, autre férue de parapente

Vue de Medellin avec Deyanira, autre férue de parapente

J’ai donc pris tout mon temps pour apprendre à voler à Medellin afin d’en déguster chaque instant. Il me reste encore trois vols d’apprentissage à réaliser (sur huit au total), qui m’aideront essentiellement à mieux utiliser les vents ascendants (thermiques et dynamiques) ainsi que les manoeuvres de descente rapide. Après, je repartirai avec un certificat d’initiation au parapente, qui je l’espère me permettra d’aller voler à Mendoza en Argentine, là où j’avais réalisé mon premier vol en double il y a six ans (cfr chronique de voyage 2003).

Détente du W-E pour oublier la fatigue de l'apprentissage... Ok je me tais

Détente du W-E pour oublier la fatigue de l'apprentissage... Ok je me tais

La petite pause à Medellin est donc sur le point de se terminer et c’est avec un petit pincement au coeur que j’envisage mon départ vers d’autres cieux. Cette ville est vraiment très agréable à vivre, le climat y est idyllique, les gens charmants, chaleureux, toujours prêts à aider et la ville elle-même est étonnement développée et propre, beaucoup plus que Bruxelles. Pour vous donner un exemple, on est allé à un parc aquatique avec un couple suisse-allemand et après moins d’une demie heure on s’est fait inviter à manger par une famille de quarante personnes qui nous ont traité aux petits oignons le reste de l’après-midi… Impossible de payer un verre, on s’est fait gaver comme des oies à leur frais, juste comme ça, « parce qu’ils avaient trop ». Impossible de passer plus de trente minutes tout seul sans que quelqu’un vous aborde… Ma deuxième ville coup-de-coeur d’Amérique du Sud, après… Buenos Aires bien entendu !

Vue depuis le metrocable sur les quartiers pauvres

Vue depuis le metrocable sur les quartiers pauvres

Je compte donc partir maximum début de semaine prochaine vers Manizales pour faire du rafting, puis passer en coup de vent à Bogota et ensuite direction Cali, San Augustin, et puis… Equateur, je ne sais absolument pas quand. ¡ Qué bien !

Hasta la proxima !

Patrick

29/03 Ça plane pas encore pour moi à Medellín

30 mars 2009 par patataq
C'est à peu près à ce moment là que je me suis déboîté l'épaule...

C'est à peu près à ce moment là que je me suis déboîté l'épaule, avec une autre voile..

J’essaie tant bien que mal de planer sur Medellin sans aide de substances illicites mais pour le moment mon expérience du parapente s’est limitée à trois jours d’entraînement à lever la voile, un vol en duo et une épaule déboîtée. Ah oui je l’avais oubliée celle là… Cela fait donc trois jours que je suis en convalescence, c’est-à-dire que j’en ai profité pour faire la fête ce Week-end et que je reprends les cours demain. On plane comme on peut!

 Là, si je continue à courir et que je ne freine pas, je m’envole…

En fait la technique qu’on m’a enseignée jusqu’ici ne sert que très rarement, tout le monde soulevant sa voile en se retournant dos au vent au lieu de courir dans le sens de la piste… Il paraît que les débutants doivent d’abord apprendre la première méthode de face avant de ne plus jamais l’utiliser au profit de la deuxième, sauf en cas d’absence totale de vent… Bref, à partir de demain j’apprends la deuxième méthode ! Ceci dit, j’ai eu droit à un beau cadeau de consolation avec le vol en duo où le formateur m’a laissé les commandes jusqu’à l’atterrissage… Incroyable! La zone de vol est parsemée de vents thermiques et vous pouvez rester en vol des heures si vous le désirez. J’ai hâte de faire mon premier vol en solo! 

Vue panoramique dans la région de Medellin

Vue panoramique de Guatapé, dans la région de Medellin

En attendant je suis allé voir les villages environnants et la région est vraiment magnifique. En outre, Medellin s’avère être une ville très agréable à vivre et étonnement développée : Temps idéal, Métro super propre, nombreux musées, jardin botanique splendide et gratuit, activités culturelles en tous genres… Je comprends pourquoi je croise énormément d’étrangers qui s’installent à plus ou moins long terme dans cette cité de deux millions d’habitants surnommée “la ville du printemps éternel”.

Et là, ça va la pause, là?

Et là, ça va la pause, là?

Medellin a aussi été extrêmement sécurisée depuis la mort de Pablo Escobar en 1993 et la disparition de son fameux cartel, même si on y croise presque autant de sans-abris que de policiers… La fracture sociale reste énorme malgré qu’on se trouve ici dans le poumon économique du pays. Mais la criminalité a fortement baissé ces dernières années après la mise en place de réseaux d’eau et d’électricité dans les quartiers défavorisés et surtout depuis leur connexion au réseau métropolitain à l’aide de télécabines (comptez cinquante cents pour un aller simple).

Vue du jardin botanique

Vue du jardin botanique de Medellín

Quant à moi, les jours passant plus vite que prévus, il va falloir que je pense à accélérer un petit peu. Après la fin de mon cours de parapente, je planifie de partir pour Bogota en passant faire du rafting dans la zona cafetera, puis vers Cali, la nouvelle capitale colombienne du narcotrafic, de la salsa et de la chirurgie esthétique, avant de continuer en Equateur. Mais la Colombie présente des charmes qui me poussent d’ores et déjà à rester plus longtemps que prévu, au détriment des pays andins. Enfin, on verra bien, comme je le disais dans une vieille chronique : quand rien n’est prévu, ça évite les imprévus !

Hasta la proxima !

Patrick

Films mis à jour sur Youtube!

23 mars 2009 par patataq

Ça y est, j’ai réussi à uploader deux vidéos sur Youtube :

D’abord la vidéo de la ciudad perdida, un panoramique depuis le dessus de la cité, à l’endroit où étaient érigés les temples. 

Et la vidéo de l’anaconda de “seulement” deux mètres qu’on avait attrapé à Los Llanos au Vénézuela :

Voilà, pas super méga impressionnant tout ça mais intéressant quand même…