Aujourd’hui j’ai chaud. Pourtant le thermomètre n’indique qu’un très modeste 38°C à l’ombre. Mais le soleil tape dur et le taux d’humidité est en train de battre des records. On le sent dans la lourdeur et la densité de l’air. Sinon en fait, depuis mon arrivée, on a pu noter une baisse sensible des températures, C’est l’automne pour tout le monde et cela devient presque supportable d’aller passer un moment sur la terrasse le soir. On est loin des records de juillet et ses 49°C dans cette région considérée comme l’une des plus chaudes de la planète. D’après les dires de tous, l’air est alors carrément opressant et quasiment irrespirable.
Par un étrange effet de vases communiquants, c’est maintenant au niveau du boulot que cela commence à chauffer sec. Il me reste un peu plus de deux semaines sur place et j’ai l’impression de n’avoir pas beaucoup avancé. Ceci dit, c’est également le sentiment d’autres expatriés sur place depuis plusieurs mois. Et puis il faut dire que le ramadan n’arrange rien… Même si au final une minorité du staff pratique effectivement le jeûne rituel, les gens rentrent dans une espèce de torpeur, une fatigue permanente de la vie et surtout du travail accompagnée par une tension sociale sous-jacente et généralisée. Apparemment, le ramadan est plutôt considéré comme une période de fête que de restrictions : restrictions le jour pour une minorité de pratiquants, fête la nuit pour tout le monde. Au final, pratiquants et non pratiquants arrivent au travail avec des valises sous les yeux et repartent à 16h pile à la maison. Entre les deux, on essaye de travailler. Là on est bloqué depuis deux semaines au niveau des travaux dans l’hôpital : on a envoyé via DHL des panneaux électriques depuis Amman le 5 septembre pour accélérer les choses, on attend toujours… c’est ramadan.
Au niveau professionnel, on pourrait se réjouir que cette période faste se termine demain… Que nenni ! Maintenant on passe à l’Eid, soit quatre jours qui permettent aux fidèles de se reposer. Comprenez faire la fête. Nous auront donc une semaine particulièrement productive puisque tout le monde vient travailler à partir de jeudi. Soit un jour avant le Week end qui commence ici le vendredi, comme dans tous les pays islamiques. Bref on verra bien mais en attendant moi aussi je commence à être un peu fatigué de ne pas avancer dans les objectifs que je m’étais fixés.
A part ca, j’ai appris que j’avais une tête d’iraqien, voire de syrien (tu confirmes, Yasmine ?). Mais attention, pas de n’importe quelle genre d’iraqien… Je correspondrais parfaitement au look des petites frappes des bas quartiers de Basra ! Franchement, moi je le prends comme un compliment, pour une fois qu’on ne m’appelle pas gringo ou mundélé… J’en ai d’ailleurs eu la preuve aujourd’hui même, quand je suis allé me balader sur le chantier déserté de l’hopital (déserté, puisque nous sommes à la veille de l’Eid). Pour une fois que je suis seul, j’ai été pris à partie par une vieille qui ne voulait pas comprendre que je ne comprenais rien à ce qu’elle disait. Et elle n’avait pas l’air très contente que je lui manque à ce point de respect… Petit malotru des bas-quartiers!
Bref, je me prépare malgré tout pour un petit sprint de fin de parcours. On a finalement décidé d’envoyer les deux camions qui étaient bloqués à Amman depuis trois semaines sans la lettre d’exemption de taxes qu’on n’arrivait pas à obtenir parce que c’est ramadan, et ils devraient arriver lundi, en plein Eid… Vingt tonnes à débarquer, j’espère que les journaliers ne vont pas nous faire faux bond ! Pour l’anecdote, on va finalement recevoir les camions avant les panneaux électriques, qu’on avait
justement décidé d’envoyer en express de peur que les camions arrivent en retard… Il n’y a pas qu’au congo qu’il faut apprendre la patience. Ensuite, bonne nouvelle, on m’a trouvé un remplacant qui arrive le 28 septembre, ce qui nous laisse une bonne semaine de passation ensemble. Il ne me restera plus qu’à rédiger les rapports de passation, de fin de mois, de fin de mission et de fin de ramadan. Sinon j’espère toujours terminer l’aménagement de l’« Opération Theatre 1» (dites Otie one) avant la fin du mois, l’espoir fait vivre, et pour le déménagement dans la nouvelle maison… Ce sera un dossier pour mon successeur indonésien ! Il a de la chance lui, il arrive juste après ramadan…
Yallah !
Patrick












































